LE COMBAT SOCIAL Force Ouvrière ne fera aucune concession sur les revendications !

, par Udfo57

Éditorial du Combat social, journal de l’Union départementale des syndicats FO de Moselle (édito adapté après le résultat du 2e tour des élections législatives...

Nous passons en peu de temps d’une situation qui laissait présager d’assez sombres perspectives, à une période pleine d’incertitudes d’un point de vue politique ; période qui évidemment suscite légitimement des interrogations sur les questions économiques et sociales qui sont du ressort du syndicat.

Ce qui est intangible par contre, c’est Force Ouvrière : ses principes, ses valeurs, ses analyses et ses revendications. Fidèles à ce que nous sommes, nous ne pouvons syndicalement que prendre acte des résultats des élections législatives - des deux tours des élections législatives – et de réaffirmer dès lors ce que nous avons dit et écrit depuis plusieurs semaines dès le résultat des élections européennes.

Nous n’avons donc, à aucun moment et parce que nous sommes attachés à l’indépendance syndicale, donné de consigne de vote ; nous ne regrettons rien. Nous l’avons toujours dit, nous ne sommes pas des directeurs de conscience, et ce n’est pas au syndicat, nous en sommes convaincus, de prendre parti dans un scrutin politique et de tenter de diriger la classe ouvrière en la matière. Par contre, ne pas donner de consigne de vote, rester indépendant ne signifie pas pour autant être muet. Et nous avons rappelé que le syndicalisme ne saurait être indifférent à la forme de l’État, tout simplement parce qu’il ne peut exister en dehors d’un régime démocratique.

Nous restons donc par habitude et en toute circonstance particulièrement vigilants, et opposés en permanence à toute dérive autoritaire ou liberticide.

Ce souci constant nous a conduits à réagir à chaque fois qu’il a été porté atteinte aux libertés fondamentales, au premier rang desquelles les libertés syndicales. Dans la période récente, cela a été le cas notamment au moment de la loi « sécurité globale », mais aussi à chaque fois que le droit syndical a été réduit par les précédents gouvernements et en particulier par ceux d’Emmanuel Macron, à chaque fois aussi qu’il a été porté atteinte au droit de grève et de manifester.

C’est parce que nous ne sommes pas indifférents à la forme de l’État que nous avons aussi rappelé la détestation des syndicats, de la lutte des classes, du droit de grève et de manifester qui a cours dans les partis d’extrême droite et qui est de rigueur dans tous les pays où les dirigeants ont une tendance autoritaire ou fascisante plus ou moins prononcée : hier, Bolsonaro au Brésil ou Trump aux États-Unis, aujourd’hui Milei en Argentine, Orban en Hongrie ou encore Meloni en Italie.

La France ne fait pas exception, et ceux qui dénoncent la nocivité des syndicats et leur prétendue capacité de nuisance sont toujours nombreux.Le résultat des élections ne nous fait pas changer d’avis sur ces questions, nous ne sommes à l’abri de rien et nous restons en vigilance absolue pour les périodes d’incertitudes qui s’ouvrent.Prendre acte résultats des élections européennes et des deux tours des élections législatives, c’est aussi rappeler que la situation qu’on a connue ces dernières semaines n’est que l’expression du rejet des politiques de régression sociale menées depuis plus de vingt ans ; régression aggravée par les attaques massives contre notre modèle social, les réformes brutales et autoritaires des gouvernements Macron, et par les politiques économiques qui ont de fait aggravé la précarité et plongé dans la pauvreté de plus en plus de salariés, de chômeurs, de retraités.

Cette politique suicidaire a conduit à la colère, on l’a vu. Il est clair aujourd’hui qu’à jouer avec le feu, on peut se brûler, mais qu’on peut aussi tout enflammer ! Personne ne doit l’oublier, et les enseignements doivent être tirés : il doit être mis fin sans tarder aux politique libérales qui mettent peu à peu à genou notre modèle social, nos Services publics et la Protection sociale au nom d’une résorption illégitime de la dette et des déficits. Il doit être mis fin sans tarder aux politiques qui ont favorisé les bénéfices des entreprises et les dividendes des actionnaires, qui ont conduit les plus riches, ceux qui ont déjà tout, à s’enrichir encore dans des proportions extravagantes alors que la majorité de la population s’appauvrissait.Il doit être mis fin sans tarder à tous les propos et mesures réactionnaires qui conduisent à la discrimination et à ceux qui divisent et servent de prétextes à la remise en cause des droits sociaux.

Il ne faudrait donc pas qu’au nom d’une pseudo-union nationale, d’une recomposition ou d’une coalition quelconque qui pourrait émerger dans les jours ou les semaines à venir, certains se retrouvent à couvrir de fait des dizaines d’années, et notamment les sept dernières, de politique libérale et de régressions sociales en ne laissant comme seule perspective que la poursuite de cette politique : le faux remède pourrait être pire que le mal…

En toute indépendance, et à sa place dans la lutte des classes, Force Ouvrière sera sans concession sur ces questions et sur les revendications.

La colère n’est pas éteinte. Mais elle devra s’exprimer autrement. Force Ouvrière se tient prête à construire le rapport de force si nécessaire sur les revendications :

 Pour une autre répartition des richesses et l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation.
 Abrogation de la réforme des retraites et ensuite le retour, même progressif, à la retraite à 60 ans pour 37 ans et demi de cotisations, et le calcul des pensions sur les 10 meilleures années pour le secteur privé ;
 Retrait définitif de la réforme de l’Assurance chômage et retour à des droits sociaux de haut niveau pour tous sans discrimination ;
 Pour une Sécurité sociale basée sur la solidarité, des valeurs républicaines et le salaire différé ; pour des Services publics républicains. Les combats sont à venir, nous les mènerons avec détermination !