Ne pas laisser les camarades se débattre seuls dans leur coin : les revendications et le rapport de force sont à l’ordre du jour.

, par Udfo57

Éditorial du Combat Social, journal de l’Union départementale FO de la Moselle.

Qui peut douter que la situation économique actuelle particulièrement difficile est moins liée à l’épidémie de covid-19 qu’à la gestion de la crise par le président de la République et le gouvernement ?

L’incurie du gouvernement et son obstination à poursuivre et aggraver les politiques d’austérité et à libéraliser, à tour de bras, le droit du travail et la protection sociale, expliquent d’une part l’extrême fragilité du système de santé – comme l’ensemble des services publics d’ailleurs - qui a eu toutes les peines du monde à assurer les soins, et d’autre part les conséquences économiques dont les salariés sont avant tout les premières victimes :

Premières victimes au travers de la remise en cause des droits imposée par le gouvernement avant et pendant la crise sanitaire ; remise en cause des droits que le Premier ministre a indiqué vouloir pérenniser lors de l’université d’été du Medef : « Beaucoup, vous le savez, de mesures de simplification ont été adoptées pendant la crise sanitaire par ordonnances. C’est aussi une des vertus de la crise. Je vous indique aujourd’hui que ces dispositions seront prolongées, amplifiées et, si possible, pérennisées, qu’il s’agisse du droit du travail et de la formation professionnelle (…) »

Premières victimes aussi au travers de la multiplication des plans sociaux qui se préparent, ou sont déjà en cours : Airbus, Air France, Nokia, Alinéa, et plus proches de nous GGB Dieuze, Smart ; l’Insee ne prévoit pas moins de 800 000 suppressions d’emplois sur l’année 2020.

On peut ajouter à cette sombre situation toutes les entreprises qui vont profiter de la crise pour, paraît-il, améliorer leur compétitivité et leur rentabilité en baissant le coût du travail grâce aux « accords de performance collective » mis en place par le président de la République et son gouvernement, et qui permettent aux entreprises d’aggraver les conditions de travail et d’existence des salariés par l’allongement de la durée du travail et la baisse des rémunérations des salariés : 39 heures payées 37 (ou moins) ; baisse ou suppression des primes de 13e mois, de vacances, de présence, de postes, etc., sur des durées plus ou moins longues.

Et, il ne s’agit pas d’un fantasme ou d’une élucubration, nos camarades de ZF Fonderie Lorraine, par exemple, sont confrontés aujourd’hui à cette situation.

Ceci est inacceptable et la responsabilité du gouvernement est engagée alors que les entreprises bénéficient, sans condition ni aucune contrepartie en termes d’emplois ou de salaire, chaque année d’environ 140 milliards d’euros d’aides fiscales et sociales ; qu’elles ont bénéficié du soutien de l’État pendant la crise à hauteur de 470 milliards d’euros et que plus du tiers du plan de relance (35 milliards) va conduire à des baisses importantes de leurs impôts.

La question qui se pose à nous aujourd’hui est simple : peut-on laisser les camarades de ces entreprises en difficulté se débattre seuls chacun dans leur entreprise pour tenter de limiter les dégâts ? Ne doit-on pas, à l’inverse, travailler à créer les conditions d’un rapport de force collectif et interprofessionnel ?

La réponse à cette question va quasiment de soi. Nous ne réussirons pas à résister chacun dans notre coin, d’autant que reste en suspens la réforme des retraites par points que le gouvernement entend bien mener à terme, la réforme de l’assurance chômage et toutes les attaques portées contre les droits sociaux, dont la baisse de l’indemnisation de l’activité partielle n’est pas la moindre. L’augmentation générale des salaires dans tous les secteurs, alors que le pouvoir d’achat des salariés a globalement particulièrement trinqué depuis le mois de mars, devient tout aussi urgente.

Oui la préparation d’une initiative nationale interprofessionnelle est à l’ordre du jour. La journée d’action initiée le 17 septembre par la Cgt était prématurée et nous avons eu l’occasion de dire que les conditions n’étaient pas encore réunies.

Ceci étant, le rapport de force est nécessaire. Les syndicats et les sections syndicales FO, les militants et les adhérents doivent y travailler sans attendre et mettre les revendications au centre de l’action syndicale. L’Assemblée générale des syndicats qui se tiendra le 13 octobre sera l’occasion de faire le point ensemble.

Alexandre TOTT
Secrétaire général
FO Moselle