ÉDITORIAL DU COMBAT SOCIAL DE FÉVRIER 2018, JOURNAL DE L’UNION DÉPARTEMENTALE FO MOSELLE La philosophie des ordonnances Macron va s’appliquer aussi dans la Fonction Publique ! Les fonctionnaires ont droit à leur loi Travail !

, par Udfo57

Bien entendu, il n’y a pas formellement, pour le moment, de projet d’ordonnances en cours de préparation pour les fonctionnaires, mais les annonces gouvernementales récentes démontrent la volonté d’engager un projet massif de destruction des droits collectifs, mettant en cause le statut, précarisant les emplois et individualisant les carrières.

Le courrier envoyé, début février, aux organisations syndicales par le gouvernement est sans équivoque. Stigmatisant les 22 000 instances représentatives du personnel, le gouvernement veut un « dialogue social plus fluide » dans « une philosophie similaire à la loi Travail ». De ce point de vue, les Ordonnances Macron vont conduire, on le sait, au travers de la fusion des IRP à supprimer 200 000 mandats de représentants du personnel sur 700 000 ; ce sont 35 000 élu(e) s FO qui disparaîtront d’ici fin 2019. Quelle philosophie ! Quel dialogue social !

Il est question aussi de mobilité et de plan de départs volontaires pour les fonctionnaires. Là encore, on reste dans la logique Macron, et en particulier celle de la rupture conventionnelle collective, celle des suppressions massives de postes. On sait d’ailleurs qu’après les destructions massives de postes orchestrées par la RGPP de Sarkozy, la MAP de Hollande, le gouvernement actuel programme, avec CAP22, encore 120 000 suppressions de postes supplémentaires ; largement de quoi mettre encore plus à mal la Fonction publique, les missions de Services publics et l’égalité de droits.

Enfin le gouvernement veut sortir du cadre collectif, du statut collectif en individualisant les carrières et les rémunations et en créant un nouveau contrat précaire : le contrat de mission.

Chacun le comprend, le gouvernement est dans la même logique ou la même philosophie que pour les ordonnances Macron : faire exploser toutes les garanties collectives pour renvoyer les salariés et les fonctionnaires à la précarité et au chacun pour soi.

Sur la forme, le gouvernement n’innove pas non plus ; on ne change pas une méthode qui gagne ! C’est la concertation, ou plutôt la pseudo-concertation : le gouvernement décide et les syndicats sont chargés de mettre le tout en musique...

Seulement, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Les syndicats de Fonctionnaires, et en particulier les syndicats FO, sont déterminés à ne pas assister en spectateurs, ou plutôt en acteurs, du démantèlement du Statut et à la liquidation de la Services publics.

S’ils iront à la concertation, ils commencent déjà à s’organiser partout pour résister et pour combattre. Ils organisent le rapport de force.

C’est la raison pour laquelle les syndicats - hors Cfdt et Unsa - appellent à la grève et à la mobilisation le 22 mars prochain. Nos camarades cheminots seront eux aussi en grève ce jour-là pour défendre leurs droits collectifs et un service public ferroviaire de qualité.

Résister et combattre, c’est aussi ce que font nos camarades de la Santé et de l’Action sociale, qui après la grève historique dans les EHPAD du 30 janvier, poursuivent le combat dans un nouvel appel le 15 mars, préparant la mobilisation commune dans toute la Fonction publique le 22 mars.

N’est-il pas temps en effet de se préparer ensemble à une réaction interprofessionnelle ? La défense des hôpitaux, de l’école, de tous les Services publics nous concerne tous. Et puis nous ne renonçons pas à faire abroger toutes les mesures antisociales de ce gouvernement ; loi El Khomri et Ordonnances Macron en tête, et nous préparer à résister sur la formation ou encore les retraites.