NON À L’AUSTÉRITÉ ET AU TRAITÉ EUROPÉEN

, par Udfo57

Éditorial du Combat social d’octobre 2012, journal mensuel de l’Union départementale FO de Moselle.

Le soutien aux travailleurs Grecs, Espagnols ou Portugais et le combat contre l’austérité ne peuvent passer que par un refus clair et net du Traité Européen, de toute politique de réduction des dépenses publiques et d’abaissement du coût du travail.

Ce n’est pas le cas de la journée d’action initiée par la Confédération européenne des syndicats le 14 novembre prochain, qui n’a rien de comparable avec le combat des travailleurs Grecs, Espagnols ou Portugais.

Le 14 novembre, les travailleurs Grecs, Espagnols et Portugais seront une nouvelle fois en grève générale pour combattre les mesures d’austérité imposées par la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) et rejetées par l’immense majorité des travailleurs et des populations.

Ces mesures d’austérité ne sont que l’application stricte des directives européennes et du pacte Euro+ de mars 2011. Elles seront renforcées et généralisées dans toute l’Europe au travers de la ratification du traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance ; le fameux TSCG que le gouvernement a fait adopter, en France, par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Pour la Confédération Force Ouvrière, et comme le reconnaissent chaque jour de plus en plus d’économistes réputés, ces politiques d’austérité ne peuvent en aucun cas être une solution à la crise du capitalisme qui sévit depuis 2007, et qu’au contraire elles conduisent l’ensemble des économies à la récession et les peuples à la misère.

Pour FO, il y a donc urgence à rompre avec cette politique libérale, c’est-à-dire rompre avec la logique destructrice de la réduction de la dette et des déficits et s’opposer à la ratification du TSCG.

La Confédération européenne des syndicats qui s’était opposée dans un premier temps à la ratification du TSCG s’est désormais alignée sur les exigences des syndicats allemands et de la CFDT.

C’est dans ce cadre qu’elle appelle à une journée d’action européenne, dite de solidarité, le 14 novembre dans un cadre schizophrénique où elle prétend s’opposer d’un côté aux mesures d’austérité et de l’autre soutient l’objectif d’assainissement des budgets sur lequel tous les gouvernements s’appuient pour remettre en cause le droit du travail, les services publics, les retraites, la sécurité sociale...

La Confédération européenne des syndicats rappelle aussi son soutien au Traité de Lisbonne basé sur le respect de certains principes, et notamment la mise en oeuvre d’une « économie sociale de marché hautement compétitive ».

Il n’est pas inutile de rappeler que ce Traité de Lisbonne a été la manière pour les gouvernements de la zone euro de contourner le rejet par les peuples (notamment en France) du Traité constitutionnel en 2005. Et que c’est bien aussi, au nom de l’économie de marché et de la compétitivité que partout en Europe le droit du travail et la protection sociale sont remis en cause pour permettre de satisfaire les revendications patronales de l’abaissement du coût du travail.

Pour bien comprendre la manoeuvre, il faut rappeler aussi qu’en France, la CFDT s’est prononcée publiquement pour l’adoption du traité européen (TSCG), qu’elle partage avec les économistes libéraux l’objectif de réduction de la dette et des déficits et donc la prétendue nécessité d’assainissement des budgets, et qu’elle n’est pas opposée à négocier avec le patronat et le gouvernement l’assouplissement du droit du travail et l’abaissement du coût du travail.

C’est dans ce contexte qu’en France toujours, l’intersyndicale nationale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA s’inscrit dans la journée d’action du 14 novembre. Si le communiqué s’oppose aux mesures d’austérité, là aussi, CGT, FSU et Solidaires, notamment, capitulent devant la CFDT et la CES et renoncent à s’opposer au TSCG ; revendication pourtant fondamentale.

On se trouve donc dans le même cas de figure qu’en 2010 où l’intersyndicale mobilisait pour « une bonne réforme des retraites » et on a vu où cela nous a conduits. Aujourd’hui, il faudrait exprimer notre solidarité pour une bonne réduction de la dette et des déficits, pour une austérité à visage humain en quelque sorte ; et quoi encore !

L’Union départementale FO de Moselle se félicite que la Confédération FO n’ait pas accepté de se couler dans ce moule démobilisateur et démoralisateur de l’intersyndicale, et qu’à l’inverse, elle ait exprimé son entier soutien au combat des travailleurs Grecs, Espagnols, Portugais au travers d’un tract national qui rappelle les positions fondamentales de Force Ouvrière contre l’austérité et le Traité européen qui l’organise ; une délégation FO se rendra d’ailleurs en Espagne le 14 novembre.

La Commission administrative de l’Union départementale qui s’est réunie vendredi 26 octobre s’était d’ores et déjà exprimée à l’unanimité contre toute participation en France à cette journée du 14 novembre. Contrairement à la Grèce ou à l’Espagne, il faut rappeler qu’en France il n’y a pas d’appel à la grève interprofessionnelle et encore moins à une grève générale.

L’Union départementale FO Moselle rappelle aussi qu’elle a signé début octobre un texte commun avec les organisations syndicales départementales CGT, FSU et Solidaires contre l’austérité et la ratification du Traité européen TSCG (lettre ouverte aux Parlementaires de Moselle).

FO Moselle attend donc avec intérêt la position de ces organisations syndicales pour voir si elles maintiennent leur position contre le TSCG, ou si elles s’adaptent à la capitulation en rase campagne orchestrée par la CES et la CFDT. Il ne suffit pas de dire qu’on soutient les travailleurs Grecs, Espagnols ou Portugais, encore faut-il démontrer qu’on s’oppose réellement à l’austérité par le rejet clair et net de toute mesure de baisses des dépenses publiques, donc par le rejet du traité européen.

Alexandre Tott
secrétaire général
FO Moselle