MANIFESTATION À METZ DU 9 AVRIL : UN COMBAT À POURSUIVRE !

, par Udfo57

NON À LA FLEXIBILITÉ ET À LA PRÉCARITÉ ORGANISÉES PAR L’ANI DU 11 JANVIER
RETRAIT DU PROJET DE LOI SAPIN ADOPTÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Alors que les salariés manifestaient dans toute la France mardi 9 avril à l’appel de FO et de la CGT, contre l’accord scélérat du 11 janvier et pour le retrait du projet de loi du gouvernement qui transpose dans le Code du travail la flexibilité et le recul des droits, l’Assemblée nationale adoptait très largement ce texte destructeur.

Il faut noter que déjà samedi 6 avril, les députés (37 présents dans l’hémicycle : 28 pour, 9 contre) adoptaient l’article consacrant la mise en œuvre des accords de « chantage à l’emploi ». Cet article est un des articles les plus importants de la loi puisque c’est celui qui va permettre de généraliser les attaques contre notre contrat de travail au nom de la compétitivité.

Le Sénat se saisira, quant à lui, du projet de loi à compter du 17 avril. Bien entendu, chacun a bien compris que le texte serait là aussi adopté dans les mêmes conditions, en respectant la logique de flexibilité de l’accord du 11 janvier. À Metz, nous étions 520 manifestants, dont 200 FO (selon les chiffres de la police qui mériteraient d’être affinés, mais que nous ne discuterons pas). C’est à l’évidence en retrait au regard de la mobilisation du 5 mars dernier tant du point de vue du nombre de manifestants (2 000) que des appels à la grève.

Pour autant, il n’y a pas de quoi rougir ou baisser les bras. Les militants, adhérents ou sympathisants présents, que l’Union départementale remercie, ont montré leur détermination, leur volonté de ne pas accepter ce qu’on nous présente comme une fatalité.

On pourrait trouver de multiples raisons à une mobilisation pas suffisamment importante sans pour autant sembler chercher une échappatoire.

SI les salariés d’une manière générale ont bien compris la nocivité de cet accord interprofessionnel et de la loi « Sapin », ils ont compris aussi et surtout qu’il y avait un consensus de gauche, de droite et en partie syndical sur cette politique d’austérité et de compétitivité qui disloque nos droits.

Il n’y a pas de fatalisme ou de résignation, mais une conscience que dans ce cadre il ne suffit pas d’une ou deux manifestations pour faire reculer le gouvernement et changer la donne en matière de politique économique et sociale.

Et ils ont raison ! Les faits le démontrent en France et en Europe, les manifestations à répétitions si elles permettent l’expression des mécontentements, ne sont pas de nature à lutter contre le rouleau compresseur de la politique libérale européenne.

FO l’a répété de manière incessante en 2010 sur les retraites, et cela reste vrai aujourd’hui ; face à l’austérité et la régression sociale, il n’y a pas d’autre option que de bloquer l’économie pour exercer un rapport de forces suffisant ; c’est la question de la grève interprofessionnelle qui est posée.

En même temps, cela ne peut pas rester incantatoire. Les mesures contre les travailleurs vont continuer à tomber : sur les retraites, l’assurance maladie ou l’assurance chômage, sur les services publics…

Dans ce cadre, le 9 avril se situe dans une perspective de construction de ce rapport de forces. Après notre meeting à Paris le 24 janvier, après les mobilisations des 5 mars et 9 avril, après les très nombreux combats en cours dans tous les secteurs professionnels, du privé et du public, nous devons mettre en discussion dans les entreprises, les administrations, les ateliers et les services cette question fondamentale.

Notre rôle de militants c’est toujours et encore d’expliquer, convaincre et mobiliser.