ArcelorMittal La position de FO MOSELLE sur les annonces électorales : écran de fumée et miroir aux alouettes !

, par Udfo57

La mobilisation des salariés se poursuit à Florange pour le redémarrage immédiat des hauts fourneaux, et dans le même temps la campagne électorale pour les présidentielles bat son plein ; chacun des candidats y va donc de sa proposition ou de son annonce fracassante. L’union départementale FO considère que l’instrumentalisation du combat des travailleurs n’est pas de mise, ce qui l’est par contre, c’est le redémarrage immédiat des hauts fourneaux ; et c’est là que FO attend l’État !

Le 1er mars, Nicolas Sarkozy, le président-candidat, a annoncé avoir obtenu de Mittal le redémarrage du haut fourneau P6 pour le second semestre (oublié donc le P3 fermé depuis juillet 2011), et un investissement de 17 millions d’euros à Florange. Que demande le peuple !

Premièrement, personne n’est dupe de cette nouvelle annonce qui tombe à point nommé. Comme l’a relevé le responsable du syndicat FO « si le second semestre débute en juillet, il se termine le 31 décembre » : on est donc très loin d’un nécessaire et indispensable redémarrage immédiat et l’attente de salariés risque d’être très longue encore.

Deuxièmement, les investissements bien que nécessaires sont pour l’essentiel concentrés sur des secteurs qui n’ont rien à voir avec les hauts fourneaux qui bien que légèrement entretenus n’en resteront pas moins à l’arrêt.

Troisièmement, le groupe Mittal s’est fendu d’un communiqué conditionnant la reprise et les investissements à un rebond de la demande mondiale d’acier, oubliant certainement un peu vite que 60.000 tonnes de brames avaient été importées de Russie pour permettre d’assurer cette demande.

Voilà donc un écran de fumée en trois parties : et 1, et 2, et 3... Et c’est 0 ! Le sentiment légitime des syndicats et des salariés est que le candidat s’est offert une vaste opération de communication.

Le président de la République n’a pas, pour autant, le monopole des coups médiatiques.

Le candidat Hollande l’avait précédé sur le terrain à Florange. Devant un parterre de sidérurgistes légitimement en colère, il annonçait le 24 février le dépôt d’une proposition de loi permettant que « lorsqu’une grande firme ne veut plus d’une unité de production, mais qu’il ne veut pas non plus la céder (...) » l’obligation lui en soit faite pour que « des repreneurs viennent et puissent donner une activité supplémentaire ».

Dans le cas particulier de Florange, et de la nécessité de redémarrer immédiatement les hauts fourneaux, qui d’autre que l’État pourrait reprendre l’exploitation ? Personne à l’évidence, mais ce n’est pourtant pas la position de Monsieur Hollande dont un des porte-parole a rassuré le ministre du Travail en expliquant que cette proposition de loi (qui ne sera pas discutée d’ailleurs à l’Assemblée nationale) n’avait pas pour but la nationalisation. Ce n’est donc pas une veritable proposition, c’est un miroir aux alouettes !

Gageons en tout cas que Monsieur Mittal a été rassuré.

Pour l’union départementale FO Moselle, les petites phrases, les annonces médiatiques, les bons coups, ça suffit ! Les salariés d’ArcelorMittal en sont gavés. Comme FO, ils ne veulent, dans leur grande majorité, servir la soupe à personne dans la campagne, et souhaitent mener leur combat dans l’indépendance vis à vis des candidats quels qu’ils ou quelles qu’elles soient. Ils n’ont pas besoin de directeurs de conscience.

Et ils ont 17 millions de fois raison de continuer à se mobiliser (même si les forces de l’ordre viennent désormais les déloger) pour que les hauts fourneaux redémarrent dès maintenant.

Et c’est possible, dès lors que l’État (de droite ou gauche) décide de ne plus se soumettre aux directives européennes. Celles-là mêmes qui aujourd’hui, au nom d’une prétendue règle d’or, d’un commerce européen ou mondial libre et non faussé, conduisent les peuples d’Europe à l’austérité et la misère.

A.T