<Font color="#CCCC33">Éditorial du Combat social de juillet 2014 : journal mensuel de l’Union départementale FO de Moselle.

, par Udfo57

Pour faire échec aux politiques d’austérité, pour défendre nos droits, y a-t-il une autre voie que la grève interprofessionnelle ?

La conférence sociale se tiendra cette année les 7 et 8 juillet. Les discussions qui s’y mèneront seront à l’évidence encadrées par les mesures décidées par le gouvernement sur le pacte dit de responsabilité et de solidarité.

Autrement dit, même si évidemment la Confédération FO va y rappeler nos analyses et revendications, il sera impossible de se sortir du cadre d’austérité fixé par le gouvernement en dehors d’une véritable mobilisation interprofessionnelle par la grève ; on peut d’ailleurs regretter que l’opportunité n’ait pas été saisie lors de la grève reconductible des cheminots pour la défense du service public. Pour autant les carottes ne sont pas cuites... loin de là !

Au niveau départemental, le Préfet nous a concocté aussi plusieurs réunions d’informations pour présenter aux entreprises et aux organisations syndicales les mesures du pacte d’austérité. Ces grand-messes ont vocation à essayer d’endoctriner les responsables syndicaux à propos des vertus supposées de la réduction du coût du travail et des dépenses publiques et sociales ; les entreprises pour leur part sont bien sûr acquises à la cause, et certaines organisations syndicales (ou prétendues telles) d’ores et déjà converties.

En ce qui concerne l’Union départementale FO Moselle, notre « religion » est aussi faite en la matière : pour notre part, nous n’acceptons pas les 30 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux consentis aux entreprises et la réduction de 50 milliards des dépenses publiques et sociales qui remettent en cause la protection sociale, les droits des salariés ou encore les services publics...

En Moselle, nous ne participerons donc pas à ces grand-messes et nous le ferons savoir. Nous continuons à revendiquer le retrait du pacte de responsabilité et une autre politique économique en rupture avec les exigences européennes. À cet égard, il convient aussi de rappeler que la commission européenne qui évalue les politiques de réformes des pays de l’Union européenne s’est félicitée du pacte de responsabilité, mais a recommandé début juin à la France d’aller, pour paraphraser François Hollande et Manuel Valls, plus vite, plus loin, plus fort dans la mise en oeuvre de ces réformes.

Ainsi, sont dans le collimateur de la commission européenne nos régimes de retraite dont il faudrait encore limiter les dépenses (62 ans et 43 années de cotisations ne suffisent pas), les coûts salariaux qu’il faudrait réduire pour les niveaux les plus bas, le SMIC qui n’est pas suffisamment flexible et propice à la compétitivité (Pascal Lamy, proche du président de la république, ne proposait-il pas la baisse du SMIC ?), le contrat de travail et les conventions collectives qui devraient s’incliner devant des dispositifs d’accords de maintien dans l’emploi (ANI du 11 janvier 2013) encore plus assouplis pour les entreprises, et plus généralement les prestations sociales, par exemple les indemnités chômage considérées comme trop généreuses.

Peu importe à tous ces adeptes de l’austérité, en Europe et en France, que ces politiques conduisent partout à la misère. Peu importe qu’un rapport parlementaire soutenant le pacte de responsabilité ait néanmoins reconnu, d’après les estimations du ministère des finances lui-même, qu’il conduirait à détruire 60 000 emplois. Peu importe que cette politique qui est menée par tous les gouvernements depuis le début de la crise continue à dégrader la croissance et à accroitre le chômage.

Après les résultats calamiteux, pour lui, des diverses échéances électorales (municipales et européenne), le gouvernement a trouvé la recette miracle : la réforme territoriale ! Ainsi, pour être compétitif il faudrait faire des économies et en plus faire exploser la République ; République qui est le seul cadre qui garantit encore aujourd’hui des droits identiques pour tous en matière de services publics, de protection sociale, de conventions collectives ou de statuts.

Chacun s’y attèle dans les régions. Le Conseil économique, social et environnemental de Lorraine, saisi par le Président de la région, a mis en place un groupe de travail pour « assurer la réussite de la fusion entre l’Alsace et la Lorraine ». La délégation FO, représentant les Unions départementales de Lorraine, a exprimé son opposition catégorique à la régionalisation (voir la déclaration dans ce journal), et ne participera pas à ce groupe de travail.

Nous continuerons donc à expliquer partout que nous refusons cette politique, et qu’il faudra par tous les moyens y mettre fin.

Les cheminots ont démontré que la grève, même reconductible, était possible quand les revendications sont claires et déterminées. Ce conflit a toutefois démontré qu’on ne peut pas gagner chacun dans son coin. Il faut donc en tirer tous les enseignements, chacun à notre niveau.

Même difficile, la grève interprofessionnelle est à l’ordre du jour. Quel autre choix avons-nous si nous voulons rester debout, la tête haute, avec nos droits ?

Alexandre TOTT
secrétaire général
UD FO Moselle