De nouveaux ministres et encore plus d’austérité !

, par Udfo57

Chacun a pu entendre le président de la République tirer les leçons, ou plutôt ses leçons, des résultats des élections municipales. Bien entendu, en tant qu’organisation syndicale, qui plus est indépendante de tous les partis politiques et des gouvernements, nous ne sommes pas intervenus dans la campagne et dans le débat. Cela ne signifie pas, pour autant, que nous sommes indifférents à ce qui se passe et aux conséquences occasionnées.

Car, lundi 31 mars le président de la République dans une intervention télévisée, grave et solennelle, a expliqué avoir pris la mesure du mécontentement et de la déception exprimés dans les urnes lors des élections municipales (pas un mot de la grève et des manifestations du 18 mars !).

C’est la raison pour laquelle il nomme Manuel Valls Premier ministre, lequel est, selon les commentateurs de la vie politique dont on peut penser qu’ils sont bien informés, un libéral à la tête d’un gouvernement qualifié de combat par François Hollande.

Au-delà des individus, ce qui compte au bout du compte c’est que le président de la République a confirmé la politique d’austérité définie au travers du pacte de responsabilité, celle qui consiste à baisser les charges des entreprises, donc à baisser le coût du travail et en particulier les cotisations patronales de Sécurité sociale.

Pour faire passer la pilule, il annonce qu’au pacte de responsabilité doit correspondre un pacte de solidarité devant porter notamment sur la sécurité sociale et le pouvoir d’achat au travers d’une annonce de baisse des impôts et des cotisations de Sécurité sociale pour les salariés.

Mais la pilule est amère, car baisser les cotisations patronales et salariales de Sécurité sociale revient à transférer le financement de la protection sociale basé sur les cotisations et le salaire différé vers l’impôt. Cette fiscalisation et cette main mise de l’État sur les finances de la Sécurité sociale sont d’autant plus inquiétantes qu’un des volets du pacte de responsabilité doit conduire à réduire les dépenses publiques de 50 milliards. Que restera-t-il de la sécurité sociale ? Le président de la République précise qu’ainsi nous convaincrons l’Europe (la Commission européenne qui a mis la France sous surveillance renforcée) de la contribution de la France à la compétitivité européenne.

L’enseignement tiré par le chef de l’État, comme je le rappelle dans le prochain éditorial du Combat Social, ne répond pas au mécontentent qui s’est exprimé notamment dans la journée de grève interprofessionnelle du 18 mars, mais conforte les exigences des libéraux de tous poils et du patronat qui considèrent que le pacte de responsabilité ne va pas assez loin et pas assez rapidement, que le coût du travail ne baisse pas suffisamment…

Doit-on rester spectateur de la liquidation de nos droits ? L’Union départementale FO Moselle ne le pense pas !

Pour Force Ouvrière, il faut défendre coute que coute le salaire différé et la Sécurité sociale de 1945. Et pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés, rien de tel que des augmentations de salaire dans le secteur privé, du point d’indice dans la Fonction publique, des retraites et des minimas sociaux.