CONGRÈS DE L’UNION DÉPARTEMENTALE FO MOSELLE

, par Udfo57

319 délégués prêts à en découdre contre le traité européen, les mesures d’austérité, et la logique libérale de réduction du coût du travail !

Samedi 17 novembre se tenait le 33e congrès de l’Union départementale des syndicats FO de Moselle à Maizières-Lès-Metz sous la présidence de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la Confédération FO, et de Michèle Biaggi, secrétaire confédérale.

le rapport d’activité a été adopté à l’unanimité des délégués. La nouvelle Commission administrative a élu le bureau à l’unanimité et renouvellé sa confiance à Alexandre TOTT au poste de secrétaire général de l’Union départementale.

Le congrès qui se tient tous les trois ans a été l’occasion de revenir sur les évènements qui ont marqué le dernier mandat tant au niveau local qu’au niveau national et international.

Dans son intervention, Alexandre Tott secrétaire général de l’Union départementale est revenu très largement sur la dégradation continue de la situation économique et sociale depuis le début de la crise, et sur la remise en cause brutale et accélérée des droits des salariés. Il a relevé néanmoins dans le même temps une volonté manifeste des travailleurs de ne pas se laisser faire.

Face à toutes les attaques subies, FO refuse toute concession aux partisans du libéralisme économique, maintient le cap de revendications claires et déterminées, et n’accepte pas le rôle de "canalisateur" des mécontentements de la classe ouvrière ; ce que refuse FO Moselle, c’est de faire passer la pilule, d’organiser des exutoires ou des thérapies collectives au travers des processions, des pompons, des ballons ou des flonflons !

C’est la raison pour laquelle, FO n’a pas participé en Lorraine aux États généraux de l’industrie fin 2009, début 2010, que l’Union départementale a refusé en 2010 de faire croire, contrairement à certaines organisations syndicales, qu’il était possible de mobiliser les salariés pour une prétendue bonne réforme des retraites. À l’inverse, FO a combattu pour le retrait total de la contre réforme gouvernementale et pour l’organisation de la grève interprofessionnelle.

C’est dans le même esprit, que FO Moselle refuse de se couler dans le moule idéologique d’une prétendue nécessité de réduire la dette et les déficits, et s’oppose à toute les politiques d’austérité qu’elle soit de droite ou de gauche. C’est dans ce cadre que FO dénonce l’adoption du Mécanisme européen de stabilité, et la ratification du traité européen (TSCG) par le gouvernement actuel qui a démontré qu’il s’inscrit de manière durable dans la logique libérale d’austérité imposées par la Troïka.

Le Secrétaire géneral de l’union départementale a par ailleurs dénoncé la plupart des analyses, conclusions et propositions du rapport Gallois commandité par le gouvernement qui préconise de s’aligner sur la rigueur allemande et les faibles coûts de production des pays émergents, en baissant le coût du travail en France au travers d’un transfert des cotisations de sécurité sociales vers l’impôt et un assouplissement du droit du travail.

Ces nouveaux cadeaux aux entreprises seraient payés par les travailleurs par une baisse de pouvoirs d’achat, une remise en cause de la protection sociale et des services publics, et encore plus de flexibilité et de précarité pour les travailleurs.

Par ailleurs, si le gouvernement n’a pas repris dans l’immédiat la totalité des préconisations du rapport Gallois, c’est parce qu’il s’inscrit comme le conseille l’auteur du rapport, dans une logique d’union nationale. Ainsi, les organisations syndicale sont appelées à un nouveau pacte social en rupture avec le rôle traditionnel des organisations syndicales ("fossilisées"), au travers des négociations nationales interprofessionnelles (financement de la protection sociale, institutions représentatives du personnel, sécurisation des emplois).

FO Moselle s’inquiète particulièrement de cette conception des relations sociales qui place les organisations syndicales comme les exécutants zélées des politiques libérales dictées par l’Europe, les marchés et les gouvernements. La rupture sociale demandée au travers du rapport Gallois a pour seul objet de canaliser le mécontentement des travailleurs.

Alexandre Tott note des similitudes troublantes entre les objectifs et les moyens de ce nouveau pacte social, et établit un parallèle évident avec la Charte du travail imposée sous Pétain qui définissait la place des organisations syndicales dans "un ordre nouveau" : "Ils auront la double mission de discipliner les libres réactions de leurs adhérents et de participer à la formation des comités sociaux. (...)".

Cette mission trouve son expression aujourd’hui, dans la crise du système capitaliste, dans une double mission des organisations syndicales : embarquer une nouvelle fois les travailleurs dans des actions "spectacles" sans lendemain et sans effet (en disciplinant la libre réaction de leurs adhérents et des travailleurs), et dans le même temps créer l’illusion d’un dialogue social raisonnable pour faire passer la pilule.

Pour FO, si le gouvernement a clairement choisi sa voie : celle du libéralisme débridé, FO a aussi choisi la sienne : celle de l’indépendance syndicale, de la résistance et du combat. Dans ce contexte, il parait évident que la confrontation avec le gouvernement est inévitable.

Enfin concernant la situation d’ArcelorMittal, FO Moselle a une nouvelle fois dénoncé la volonté du Groupe sidérurgique de vouloir dépecer le site, et réaffirmé sa revendication de la nationalisation de la totalité de l’usine ; ce qui impose une réquisition immédiate par le gouvernement.

FO a de plus exigé l’arrêt des restructurations dans le secteur hospitalier, notamment en Moselle-Est, et l’intervention de l’État pour le maintien de la Centrale Émile Huchet et de tous les emplois.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la Confédération FO a réaffirmé l’opposition de FO au Traité européen dont découlent toutes les politiques d’austérité en France comme dans le reste de l’Europe. Il a expliqué aux 319 délégués présents la divergence de fond qui nous oppose à l’intersyndicale nationale (notamment la cfdt et la cgt) qui revendique l’assainissement des budget des États et accepte ainsi explicitement la logique d’austérité.

Jean-Claude Mailly a annoncé que la Confédération FO organisera en janvier 2013 un rassemblement national de militants pour s’engager dans la voie du combat contre l’austérité.