<Font color="#CCCC33">Éditorial du Combat social de janvier 2013, journal mensuel de l’Union départementale FO de Moselle.

, par Udfo57

6000 militants FO à Paris le 24 janvier, c’est l’expression du refus du consensus dans lequel gouvernement et patronat veulent nous enfermer sur l’austérité et la flexibilité !

6.000, c’est le nombre de militants à avoir fait le déplacement à Paris pour le meeting national organisé par la Confédération FO, dont plus de 110 de Moselle.

Cette initiative n’était pas un simple meeting de rentrée. Il s’agit, et chacun l’a bien compris, d’un véritable coup de semonce dont l’objectif est de préparer les militants, les adhérents et les travailleurs à réagir, par la grève s’il le faut (et il le faut !), contre la politique libérale menée par le gouvernement.

C’est très exactement le sens du discours prononcé par Jean-Claude Mailly qui, comme l’écrit un éditorialiste du journal « Le Monde », « tire à boulets rouges sur l’austérité et François Hollande ».

Le message au gouvernement est en tout cas certainement bien passé. Alors qu’il poursuit sans état d’âme les contre-réformes exigées par les marchés financiers et la commission européenne, qu’il défend, pour ce faire, la méthode de l’association et de la collaboration des organisations syndicales (ils appellent ça le dialogue social !), la Confédération FO et les militants FO ont dit NON au pacte social et au consensus qui se font sur le dos des travailleurs.

Cela s’est traduit par un rejet ferme du traité budgétaire européen et de la règle d’or, élaborés par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, et entérinés dans son intégralité par le gouvernement.

Cela prend la forme aussi d’un rejet tout aussi catégorique des plus de trente milliards d’économies à réaliser au nom de la réduction de la dette et des déficits et des 20 milliards de cadeaux fiscaux faits aux entreprises au nom de la baisse du coût du travail ; économies et cadeaux payés essentiellement par les travailleurs au travers de taxes et impôts supplémentaires, par de nouvelles remises en cause des services publics, et dernièrement par la remise en cause de pans entiers du Code du travail.

Alors que François Hollande appelait à un « compromis historique », que la Cfdt, la Cftc et la Cgc se compromettent avec le patronat avec la signature de l’accord sur la flexibilité qui permettra, dès sa transposition dans la loi, de réduire les salaires en s’affranchissant, même temporairement, du Code du travail et des Conventions collectives lorsque les entreprises considéreront que leurs profits (ou les dividendes des actionnaires) sont menacés, et de faciliter les licenciements tout en réduisant leurs coûts, FO a opposé un NON qui fait date.

En effet, ce NON est l’affirmation qu’il ne s’agissait pas d’une négociation comme les autres, et, comme l’a affirmé le bureau de l’Union départementale le 14 janvier dernier, il ne pouvait pas y avoir de bon accord dans le cadre de la politique d’austérité menée par le gouvernement, comme il ne pourra pas y avoir de bonnes négociations, de bonnes concertations et encore moins de bons accords demain, ni sur le dossier des retraites complémentaires, ni sur celui du financement de la Protection sociale, ni sur le dossier d’une prochaine réforme systémique des retraites.

Ce NON ne peut être que l’engagement de toute la Confédération FO avec ses syndicats vers un combat d’ampleur, vers l’organisation d’un véritable rapport de force contre l’austérité et ses conséquences ; lesquelles sont toutes déclinées dans le pacte Euro+ de mars 2011, reprises en grande partie dans le rapport Gallois et maintenant dans le rapport du Conseil d’orientation des retraites qui constituent le fil rouge de l’action gouvernementale.

Alexandre TOTT
Secrétaire général
UD FO MOSELLE