2500 manifestants à Metz contre l’allongement de la durée de cotisation

, par Udfo57

la prise de parole
de l’Union départementale FO

1993, 2003, 2010, 2013 : 20 ans de recul social, ça suffit !

Alors que le changement était à l’ordre du jour avant le mois de mai 2012, le gouvernement Hollande/ Ayrault continue à mettre en oeuvre les directives de la Troika qui exige toujours plus d’austérité, plus de compétitivité, plus de libéralisme.

Depuis un an et demi, le gouvernement cède, ou plutôt capitule, face aux pigeons, aux poussins, face à tous les volatiles patronaux qui piaillent et qui caquètent : BAISSEZ LA FISCALITÉ DES ENTREPRISES, RÉDUISEZ LES DÉPENSES PUBLIQUES ET LES DÉPENSES SOCIALES, RÉDUISEZ LE COÛT DU TRAVAIL...

C’est au nom de cette logique destructrice de réduction de la dette et des déficits, des dépenses publiques et sociales, de réduction du coût du travail que le gouvernement multiplie les cadeaux patronaux :

- Les 20 milliards du crédit impôt compétitivité qui vont être payés par des taxes supplémentaires pour les travailleurs et qui portent à près de 200 milliards les aides fiscales et sociales distribuées aux entreprises, aides à fonds perdu, enfin pas pour tout le monde… ;
- La flexibilité et la précarité généralisée imposée par l’ANI du 11 janvier et la loi du 14 juin dernier, avec la collaboration active de certains syndicats, dont la CFDT ;
- La poursuite de la RGPP qu’on appelle la MAP aujourd’hui, de la remise en cause des missions de services publics, et des suppressions massives d’emploi.

Aujourd’hui, ce sont nos retraites qui sont encore une fois dans le collimateur, après 1993 et la réforme Balladur, 2003 et la réforme Fillon, après celle de 2010 orchestrée par Sarkozy et Woerth, reculant l’âge de départ en retraite à 62 ans et allongeant la durée de cotisation à 41 ans et demi.

Toutes ces réformes étaient inacceptables et le sont toujours. Rappelons que les élus de la majorité actuelle ont souvent été à ces moments-là dans les manifestations. Aujourd’hui, ils sont aux commandes et ils avaient le choix de revenir ou de remettre en cause ces réformes injustes.

Et pourtant, il ont fait très clairement celui de poursuivre ces contre-réformes, et d’aller encore plus loin que le gouvernement Sarkozy avec l’appui et le soutien de certaines organisations syndicales, CFDT et Unsa en tête.

Augmenter la durée de cotisation à 43 ans va accentuer les effets de la décote et obliger les salariés à travailler et à galérer jusqu’à 66, 67, 68 ans ou plus, car rappelons-le l’âge moyen d’entrée dans la vie active est aujourd’hui de plus de 23 ans. C’est donc une réforme antijeune, mais c’est aussi une réforme qui condamne les plus anciens à finir leur carrière dans la précarité ou avec des pensions en baisse. Ce que le gouvernement nous propose c’est en réalité, la retraite des morts à marche forcée.

Et on nous dit qu’il s’agit d’une réforme juste et équilibrée, qu’on aurait échappé au pire. Foutaises !

Après l’allongement de la durée de cotisation, les travailleurs devront encore casquer... Trois fois : Premièrement par l’augmentation de la cotisation de 0,3 point en quatre ans, deuxièmement parce que le gouvernement s’est engagé à faire compenser l’augmentation de la cotisation patronale forcément par un impôt ou par une taxe que nous paierons. Et troisièmement parce que le Medef qui demande 50 milliards de baisse de charges a encore obtenu une promesse du gouvernement pour faire payer aux travailleurs plus de la moitié de la cotisation patronale d’allocation familiale.

Alors, c’est la contre-réforme de trop. 20 ans de reculs sociaux, ça suffit ! Il faut mettre un terme à la remise en cause de nos droits :

Pour FO, pas un trimestre de plus n’est acceptable ! Nous revendiquons la retraite à taux plein à 60 ans et une durée de cotisation au plus égale à la durée d’activité moyenne (151 trimestres, soit un peu plus de 37 ans et demi de cotisation) ;

Pour FO, pas un euro de moins n’est supportable, car c’est l’augmentation des salaires et des rémunérations qui garantira la croissance, la création d’emplois et la pérennité des régimes sociaux. Une cotisation ou un prélèvement qui augmente, c’est le salaire qui baisse.

Cette manifestation ne suffira pas, nous le savons tous. Tous les salariés et les militants que nous rencontrons nous disent qu’il faut aller au-delà. Alors tous ensemble dans toutes nos entreprises et nos administrations, préparons une réaction à la hauteur. Cette journée de mobilisation n’est qu’une étape pour faire reculer le gouvernement.

1993, 2003, 2010, 2013 : 20 ans de recul social, ça suffit ! Payer pour les patrons, ça suffit aussi !…